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L'introduction (ou la ré-introduction)

Il y a environ 7 ans, j'ai arrêté de consommer du gluten sous les conseils d'un collègue ostéopathe qui me traitait pour des malaises a l'estomac et aux intestins depuis quelques mois.

Du plus loin que je me rappelle, j'ai toujours eu des symptômes de diarrhées et de maux de ventre handicapants. Les années avant l'arrêt du gluten, je ne pouvais plus me déplacer en voiture sans devoir m'arrêter de toute urgence pour trouver une toilette (ou un buisson), je souffrais de maux de ventre intense quelques fois par mois, me laissant parfois une heure assise sur une si confortable toilette.

Les mois avant l'arrêt du gluten, les crises s'étaient rapprochées (quelques fois par semaine), elles étaient aussi plus intenses. Prendre l'auto était devenu une source de stress. Marcher, courir ou danser déclenchait fréquemment une crise. Mon cerveau était constamment dans la brume. J'avais mal aux os. Et lorsqu'on ma conseillé d'arrêter le gluten pour tester, je me faisait traiter en ostéopathie parce qu'après mon déjeuner, j'avais mal au coeur et j'avais des étourdissements depuis une semaine. Je ne pouvais rien manger du reste de la journée.

L'arrêt du gluten a éliminé tous les symptômes. Tous. Sans exception. J'ai même appris que j'étais enflée et l'enflure est partie complètement en un mois.

Quelques mois plus tard, je suis allée voir un gastro-entérologue pour vérifier si j’avais la maladie cœliaque ou une sensibilité au gluten.

A ce moment-là, je ne connaissais pas l'impact de la maladie cœliaque à long terme.

À l’époque, je trouvais que ma rencontre avec le médecin avait plutôt mal été. Il avait accepté de me tester pour la maladie cœliaque mais pour ce faire, il fallait que je réintroduise le gluten dans mon alimentation. En effet, il allait tester des anticorps que mon système produit lorsque je mange du gluten. Il fallait donc qu’il y a ait présence de gluten pour possiblement tester positif. Il me dit : L’équivalent de deux tranches de pain par jour pendant 8 semaines. Je me suis mise à pleurer.

Ma tête, mon cœur, mon corps au complet me criait que je ne devais plus jamais manger de gluten de ma vie. Ça m’avait rendu si malade et ça m’avait handicapé pendant des années. Je n’étais pas prête du tout à revivre ce sentiment de perte de contrôle sur ma vie, d’insécurité, de honte.

J’ai dit non. On a fait la prise de sang quand même pour tester les anticorps, mais comme le médecin m’avait averti, elle est sortie négative. Je ne produisais pas, ou plus, d’anticorps contre le gluten.

Je suis donc sortie du bureau en me disant : Tant pis! Je n’aurai pas de retour d’impôts pour ma nourriture sans gluten (qui peut s’avérer vraiment plus cher que le « avec gluten »). Parce que oui, en étant diagnostiqué cœliaque, nous pouvons être éligibles à un retour d’impôts sur notre épicerie.

Au fil des années, je me suis informée, j’ai parlé avec des gens cœliaques, et j’ai compris que d’avoir la maladie cœliaque est une toute autre paire de manches que d’être sensible au gluten. La différence c’est les dommages à l’intestin. Avec la maladie cœliaque, ingérer une quantité microscopique de gluten peut tranquillement détruire la paroi de l’intestin et, dans le long terme, développer des cancers. Ce qui n’arrive pas aux gens sensibles au gluten.

Aujourd’hui, deux enfants plus tard et sachant tout ce que j’ai appris, y compris que la maladie cœliaque est une maladie génétique, j’ai le goût de savoir. J’ai le goût de savoir si je dois faire plus attention à la contamination au gluten quand je vais en visite. J’ai le goût de savoir si je peux donner du pain de blé à mes filles sans inquiétude. J’ai le goût de connaître l’état de mes intestins, l’état de ma santé.

Je n’ai pas le goût de savoir ce que ça va donner si je mange l’équivalent de deux tranches de pain de blé par jour mais je comprends l’importance de le faire. J'attendais le bon moment de le faire mais y aura-t-il vraiment un bon moment?

Voici donc mon périple de huit semaines dans le merveilleux monde du gluten. J’espère que mes proches pourront mieux comprendre mon cheminement ainsi que mes motivations à faire ce test. J’espère que je ferai comprendre à quelques-uns ce que ça implique la vie avec ou sans gluten, avec ou sans maladie cœliaque. J’espère que certains d’entre vous trouverez réconfort dans mes récits.

J'ai mon papier pour ma prise de sang pour tester mes anti-transglutaminases avec écrit dessus: 8 semaines après ré-introduction du gluten. Souhaitez moi bonne chance, ou tout autre souhait qui pourrait faire que ça va bien aller!

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